 Depuis deux ans, de plus en plus de Bas-rhinois cherchent à se lancer dans le secteur des services à la personne. L'année dernière, 74 structures ont vu le jour contre 58 en 2006. Au total, plus de 25000 personnes travaillent dans ce domaine. L'élément déclencheur a été la loi Borloo de juillet 2005. Ses mesures phares : la création d'un chèque emploi service universel, l'exonération des charges sociales et la mise en place d'un crédit d'impôt pour les usagers. Elle vise ainsi à stimuler la création d'emplois dans un secteur jugé prometteur. Aide aux personnes dépendantes, assistance informatique, garde d'enfants, jardinage, bricolage ou livraison de repas... Les services à la personne recouvrent un ensemble de 21 activités. Le marché reste dominé par quatre activités: assistance aux personnes âgées ou handicapées, entretien de la maison et garde d'enfants à domicile. En 2007, elles représentaient plus de 93% des heures réalisées. Les coiffeurs, cuisiniers, masseurs ou encore esthéticiennes qui officient chez les particuliers ne peuvent, eux, pas prétendre aux exonérations d'impôts.
Quatre fois plus d’agréments simples
Avant de pouvoir proposer l'un des 21 services reconnus, les entrepreneurs doivent recevoir un agrément, accordé par le préfet ou le président du Conseil général. L'agrément simple permet de délivrer un service grand public alors que l'agrément «qualité» est obligatoire pour les services rendus aux enfants de moins de trois ans et aux personnes dépendantes. En 2007, la Direction départementale de travail (DDT) dénombrait quatre fois plus d'agréments simples que d'agréments «qualité». Cette tendance s'explique par la situation des porteurs de projet, souvent peu qualifiés. « 57% des personnes que nous rencontrons sont au chômage, explique Noëlle Ewerhard, chargée de projet à Alsace Active, une association qui aide les entrepreneurs à monter leur projet. La majorité se spécialise dans des activités comme le ménage, le jardinage ou encore le repassage, des métiers qui ne demandent que peu de qualification et d'investissement », renchérit-elle. Depuis deux ans, les structures créées sont essentiellement des entreprises individuelles. Cherchant en priorité à créer leur propre emploi, les entrepreneurs méconnaissent souvent le marché. « Ils sous-estiment la concurrence importante et les compétences nécessaires à la conduite d'une entreprise », explique, dans son bilan pour l'année 2007, Claude Brignon, chef du service emploi à la Direction départementale du travail. Pas moins de 17 structures agréées ont mis la clef sous la porte l'an passé.
“Développer son carnet d’adresse”
Pour survivre, les petites structures jouent en majorité la carte de la proximité et cherchent à se développer sur des marchés de niche. C'est le cas d'Alternative-Assistance Informatique, une entreprise d'assistance informatique auprès des particuliers. « A Strasbourg, on fait essentiellement de la formation auprès des retraités », explique son fondateur, Mathieu Mark. Les entreprises peinent à être visibles du grand public. « On a eu des difficultés au démarrage car on se fait surtout connaître par le bouche-à-oreille. Chaque informaticien que je recrute doit développer son propre carnet d'adresses », insiste Matthieu Mark. « Ce secteur d'activité fortement concurrentiel élimine rapidement les créateurs isolés, ne disposant ni d'une notoriété suffisante ni d'une logistique solide pour se faire connaître et attirer la clientèle », confirme Claude Brignon. Conscient de ces difficultés, la DDT et ses partenaires (ANPE, Chambre de commerce et d'industrie, Région Alsace...) insistent aujourd'hui sur l'information et l'accompagnement de ces petits entrepreneurs. Depuis juin 2006, Alsace Active organise des réunions d'information et des entretiens individuels pour encourager les projets les plus viables. « En 2007, 242 personnes se sont informés sur les spécificités des services à la personne. Au final, 95 ont demandé un accompagnement pour structurer leur dossier et seuls 10 à 15% ont réellement abouti », explique Noëlle Ewerhard. Depuis novembre 2007, les entrepreneurs ont aussi la possibilié de tester réellement le marché sous la tutelle d'une coopérative, Coopénates (voir encadré). Reste que le grand public ignore trop souvent l'existence d'un crédit d'impôt ou d'aides financières auxquels ces services ouvrent droit. En plus des forums organisés régulièrement pour promouvoir les services à la personne, un important travail de communication attend les acteurs du marché. Lire l'article complet |
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