Ni sage-femme ni infirmière, l'accompagnante à la naissance (ou doulas) vise à accueillir le mieux possible bébé, en offrant sa présence durant la grossesse, l'accouchement et le postnatal. Québec Hebdo a rencontré l'une d'elles, Ingrid Besson. Exerçant son métier dans la capitale, celle-ci fait partie du Réseau québécois d'accompagnantes à la naissance (un regroupement d'accompagnantes travailleuses autonomes réparties à travers tout le Québec). Affichant la jeune trentaine, cette mère de famille est devenue accompagnante à la naissance après avoir reçu le service à son deuxième enfant. Elle a décidé de mettre de côté le métier d'infirmière - qu'elle a exercé pendant 5 ans en France - pour se consacrer entièrement à celui d'accompagnante à la naissance. Soulignons qu'il n'est pas nécessaire d'être infirmière pour être accompagnante à la naissance, puisque celle-ci ne pose pas de geste médical. Son rôle est d'apporter du soutien moral aux parents et des conseils en lien avec l'accouchement. Vivre la naissance de manière différente «Au premier accouchement, c'est comme si j'avais donné mon corps à la science et j'avais dit : Faites-moi accoucher. Mais après avoir reçu le service d'accompagnement à la naissance, ça a métamorphosé ma vision de la naissance, ça m'a permis d'être active», commente Mme Besson. La jeune femme a voulu offrir aux mamans et leurs conjoints les bienfaits qu'elle a reçus. Il y a d'abord une séance d'information où les parents décident d'utiliser ou non le service. Ensuite viennent trois rencontres pré-natales au domicile des parents, où les thèmes abordés correspondent aux besoins exprimés par les parents. «J'en rencontre plein (de femmes) qui sont frustrées et ne se sentent pas entendues. Leur visite chez le gynéco dure parfois quelques minutes seulement.» Mais quelles sont les autres raisons poussant les femmes enceintes à avoir recours à ce service? «Souvent, il s'agit du premier bébé. Il arrive que la femme n'a pas d'exemple d'enfant proche dans son entourage. Parfois, sa famille est au loin. Il arrive qu'il se soit passé quelque chose dans les accouchements précédents, et la mère veut vivre différemment son expérience», justifie Ingrid Besson. Plan de naissance L'accompagnante à la naissance aide les parents à se montrer réalistes quant à leur perception de l'accouchement. «On rencontre souvent des parents qui ont un deuil à faire par rapport à leur vision de l'accouchement (douleur/péridurale). Je suis comme un tampon entre le milieu médical et eux. J'interviens, mais c'est toujours vers les parents; je les aide à faire des choix éclairés», souligne-t-elle. Le plan de naissance, signé par le médecin, sert à mettre sur papier les attentes des parents et les décisions qu'ils sont prêts à prendre en cas de complication. «Il existe le plan rêvé, mais il faut demeurer réaliste avec ce qui se passe dans les hôpitaux de Québec. (...) On n'est pas non plus le bon Dieu! Il faut se préparer à tout», fait remarquer Mme Besson. Pendant et après Ingrid Besson tient à préciser que son métier exige une présence tout au long de l'accouchement. «J'ai été présente à un accouchement qui a duré 30 heures. Pendant les rencontres préparatoires, le papa me demandait de ne pas en tenir compte. Mais après l'accouchement, l'homme a dit que j'avais été un ange gardien. Il pensait que ça allait être l'infirmière qui allait faire tout le travail. Mais les infirmières doivent remplir les papiers et ont d'autres tâches à accomplir. Elles ne peuvent être présentes en tout temps.» Une semaine après l'accouchement, une rencontre est prévue entre les parents et l'accompagnante à la naissance pour effectuer un retour sur les événements, et en tirer les points forts et les points à améliorer. Le travail de l'accompagnante à la naissance est évalué, en particulier en début de parcours, par une marraine avec qui elle est jumelée. «Ma marraine a pu voir si les premières entrevues que j'ai réalisées avec les couples étaient bonnes.» Avis à celles qui se préparent à avoir un enfant: le Réseau québécois d'accompagnantes à la naissance offre une mine d'information incluant les services offerts, ainsi qu'un répertoire d'accompagnantes à la naissance classées selon les villes. Réseau québécois d'accompagnantes à la naissance: www.naissance.ca ou 1-866-naissance Le travail de l'accompagnante à la naissance permet de réduire de : - 60% le taux de péridurale
- 50% le taux de césarienne
- 40% l'Utilisation de forceps et de ventouse
- 30% la médication contre la douleur
- 25% la durée du travail
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