 Le Conseil économique et social (CES) devait adopter ces 25 et 26 septembre, en présence de Valérie Létard, secrétaire d'Etat chargée de la Solidarité, un rapport consacré à "L'impact de l'allongement de la durée de vie sur les systèmes d'aides et de soins". S'appuyant sur la prise de conscience provoquée par le drame de la canicule en 2003 et sur la mise en place de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie en 2004, ce document passe en revue tous les enjeux du vieillissement, en prenant bien soin de ne pas les réduire à la seule question de la dépendance. Le rapport aborde ainsi le regard que la société porte sur ses personnes âgées ou encore la place de ces dernières dans l'emploi et l'activité économique. Reprenant des hypothèses démographiques désormais bien établies - 10 millions de personnes de plus de 75 ans à l'horizon 2050 au lieu de 5 millions aujourd'hui - le constat insiste notamment sur l'importance du contexte familial dans la prise en charge et sur la nécessité d'un maintien du taux de fécondité et d'une hausse de l'emploi féminin pour compenser les effets du vieillissement. Il souligne aussi l'importance des disparités sociales - et dans une moindre mesure territoriales - face à la vieillesse. En termes de financement, il ne cache pas que "le scénario du libre choix entre maintien à domicile et accueil en établissement suppose des investissements importants dont la charge devra être répartie à la suite d'un débat approfondi". Les différentes propositions adoptées par le CES n'apportent pas de nouveautés significatives et rejoignent des préconisations déjà maintes fois formulées. Elles ont toutefois le mérite de montrer l'étendue des défis à relever. Plusieurs d'entre elles intéressent très directement les collectivités territoriales, comme le développement de la prévention, le renforcement du soutien aux aidants familiaux, la création de structures d'accueil, d'échange et de soutien, le développement de la "bientraitance" ou encore l'amélioration des solutions alternatives et de la continuité entre le maintien à domicile et l'accueil en établissement. Côté financement, le CES ne suit pas les perspectives ouvertes par Nicolas Sarkozy autour de la prise en charge de la maladie d'Alzheimer et estime que "c'est avant tout à la solidarité collective de prendre en charge les effets financiers de l'allongement de la durée de la vie". Le rapport souligne la nécessité de trouver dans les prochaines années des "financements nouveaux", mais ne propose aucune piste, se contentant de prôner la mise en place d'une réflexion, "voire de négociations", sur les aides fiscales, la contribution de solidarité pour l'autonomie, l'harmonisation des taux de CSG et la place de la prévoyance collective et individuelle. |