La prise en charge de la douleur chez les personnes âgées vivant à domicile
Par impuissance autant que par pudeur, les personnes âgées se révèlent peu expansives sur leur état
La douleur est un phénomène très présent chez les personnes âgées. Cependant, hormis les moments de douleur intense, les personnes âgées sollicitent très peu les soignants et craignent les médications qui les rendraient passives. En effet, bien que signe certain de l’âge, la douleur est avant tout ressentie comme preuve de vie. Être en capacité d’y résister atteste d’une vitalité active. Aussi, les médecins éprouvent des difficultés à interpréter ce silence et à évaluer l’intensité de la douleur. La récurrence dans le
discours des patients et des soignants du poncif sur « les douleurs de l’âge » marque des failles dans la considération et le traitement de la douleur. En outre, il y a souvent des divergences d’appréciation du phénomène douloureux entre médecins et infirmiers, ces derniers étant, par leurs pratiques, plus proches des patients.
Les personnes âgées ont tendance à banaliser leur douleur ; elles préfèrent avoir recours aux antalgiques de base, évitant parfois certaines médications par crainte d’effets secondaires gênants. Le plus important pour elles et de garder une part d’autonomie et
de se maintenir à domicile.
Cette étude qualitative a été réalisée, par le CRÉDOC pour la DREES, dans le cadre de la préparation du 3e plan de lutte contre la douleur. L’enquête menée auprès de 25 sujets âgés de 73 à 93 ans, analyse les connaissances, perceptions et recours de ces personnes face à la douleur. Elle confronte le point de vue de la personne
âgée à celui du soignant, dans le cadre de soins ambulatoires.
Elle appréhende le ressenti et les attentes de ces patients, la perception du « cas » et les réponses du soignant ainsi que l’interaction à l’oeuvre dans la relation entre le soignant et le soigné.